Analyse

Le Canada coupé en deux par l’heure : la science du changement d’heure, la situation de chaque province, et faut-il déménager là où l’on ne change plus d’heure?

Publié le · 25 min de lecture · La Belle Gang

La réponse courte

Le 1er novembre 2026, la Colombie-Britannique, l’Alberta, la Saskatchewan, le Manitoba, le Yukon, les Territoires du Nord-Ouest et le nord-ouest de l’Ontario cessent de changer d’heure, tous à ce qui équivaut à l’heure avancée permanente. Le Québec, le reste de l’Ontario et l’Atlantique changent encore. La recherche appuie la fin du changement, qui cause au printemps une brève hausse des accidents et des infarctus, mais les experts du sommeil préfèrent l’heure normale permanente. Déménager à l’Ouest met fin au changement, mais retarde les levers de soleil l’hiver.

Les chiffres à retenir

  • 6 sur 13 : provinces et territoires sans changement d’heure dès le 1er novembre 2026 (la Saskatchewan depuis 1966, le Yukon depuis 2020; C.-B., Alberta, T.N.-O., Manitoba en 2026), en plus du nord-ouest de l’Ontario.
  • +6 % : hausse du risque d’accident mortel la semaine suivant le changement du printemps (732 835 accidents américains, 1996-2017).
  • +5 % : risque d’infarctus plus élevé la semaine suivant le changement du printemps (méta-analyse, plus de 115 000 personnes); aucune hausse significative à l’automne.
  • 91 % / 72 % : répondants à la consultation québécoise (214 000) qui veulent en finir / qui, parmi eux, préfèrent l’heure d’été permanente.
  • 9 h 48 : lever du soleil à Edmonton le 21 décembre 2026 sous l’« heure de l’Alberta » permanente, contre 7 h 31 à Montréal.
  • 0 : grandes sociétés du sommeil ou de chronobiologie qui recommandent l’heure avancée permanente; toutes celles qui se sont prononcées préfèrent l’heure normale permanente.

Cinq choses à savoir avant le 1er novembre 2026

Le dimanche 1er novembre 2026, à 2 h, le Canada se coupe en deux. Tout ce qui se trouve à l’est du 90e méridien ontarien recule l’heure, comme depuis des décennies. Tout ce qui est à l’ouest (le Manitoba, la Saskatchewan, l’Alberta, la Colombie-Britannique, le Yukon, les Territoires du Nord-Ouest et une partie du nord-ouest de l’Ontario) ne la recule pas. Pour la première fois, la carte des heures du pays suit un choix politique plutôt qu’une habitude héritée de la guerre. Cet article examine ce choix comme le ferait un chercheur : ce que le changement d’heure fait au corps, ce que disent les données sur l’heure à conserver, où en est chaque province et territoire au 15 octobre 2026, et ce que tout cela signifie si vous songez à déménager dans une province qui ne change plus d’heure.

  • L’Ouest a cessé de changer d’heure, et chacun de ces gouvernements a choisi l’heure « d’été » permanente. Le Yukon l’a fait en 2020 [1]; la Colombie-Britannique, l’Alberta, les Territoires du Nord-Ouest et le Manitoba suivent le 1er novembre 2026 [2] [5] [9] [13]. La Saskatchewan ne change plus depuis 1966 [12].
  • Les spécialistes du sommeil approuvent la première moitié de cette décision et désapprouvent la seconde. Abolir le changement élimine une hausse bien documentée, au printemps, du manque de sommeil, des infarctus et des accidents. Mais la Société canadienne du sommeil, l’American Academy of Sleep Medicine et une nouvelle analyse du JAMC recommandent toutes l’heure normale permanente, pas l’heure avancée permanente [38] [41] [40].
  • Le Québec change encore d’heure et n’a aucun échéancier. Une consultation de 2024 a recueilli 214 000 réponses : 91 % veulent en finir et, parmi eux, 72 % préfèrent l’heure d’été [18]. Le nouveau gouvernement péquiste dit pencher pour l’abolition, mais veut d’abord consulter des experts [20] [21].
  • Déménager dans l’Ouest pour fuir le changement d’heure, c’est échanger deux secousses d’une heure par année contre une horloge en avance d’une à deux heures sur le soleil tout l’hiver. À Edmonton, le soleil se lèvera à 9 h 48 le 21 décembre; à Montréal, il se lève à 7 h 31 (notre calcul).
  • L’heure est un facteur réel, mais modeste, dans un déménagement. Les méfaits aigus du changement se mesurent en quelques pour cent sur quelques jours; les effets chroniques d’une horloge tardive sont plausibles, mais reposent surtout sur des études d’observation et des modèles. L’emploi, le logement, la langue et la famille pèseront davantage. L’heure reste un bon critère pour départager deux options.

La carte des heures au Canada dès le 1er novembre 2026, province par province

Le tableau ci-dessous présente la situation légale de chaque province et territoire au 15 octobre 2026. La dernière colonne répond à la question la plus importante pour la santé : de combien l’horloge devance le soleil en hiver dans la plus grande ville. C’est l’écart entre le décalage du fuseau et la longitude de la ville (quatre minutes par degré), la même mesure qu’utilisent les chercheurs sur le sommeil pour comparer les bords est et ouest d’un fuseau [42] [54]. Un chiffre positif signifie que le soleil se lève et se couche plus tard selon l’horloge.

Statut du changement d’heure dans chaque province et territoire, 15 octobre 2026
Province ou territoireChange d’heure après le 1er nov. 2026?Heure d’hiverFondement légalHorloge et soleil en hiver (plus grande ville)
YukonNon, depuis novembre 2020UTC−7Règlement sur l’heure normale du Yukon [1]Whitehorse : environ 2 h d’avance
Colombie-BritanniqueNon; dernier changement le 8 mars 2026UTC−7 (« heure du Pacifique »); l’East Kootenay reste alignée sur l’Alberta à UTC−6Interpretation Amendment Act (2019), en vigueur par règlement en 2026 [2] [3]Vancouver : 1 h 12 d’avance
AlbertaNonUTC−6 (« heure de l’Alberta »)Official Time Act, projet de loi 31, sanction le 14 mai 2026 [6] [5]Calgary : 1 h 36 d’avance; Edmonton : 1 h 34
Territoires du Nord-OuestNonUTC−6 (« heure des Territoires du Nord-Ouest »)Règlement en vigueur le 21 août 2026 [9]Yellowknife : 1 h 37 d’avance
SaskatchewanNon, depuis 1966UTC−6 (heure normale du Centre)The Time Act, 2026, sanction le 14 mai 2026 [10] [11]Regina : 58 min d’avance; Saskatoon : 1 h 07
ManitobaNonUTC−5 (heure avancée du Centre permanente)Décision du gouvernement, 17 septembre 2026 [13]Winnipeg : 1 h 29 d’avance
Nord-ouest de l’Ontario (à l’ouest de 90° O, dont Kenora)Non, par règlement prévu pour le 1er novembre 2026UTC−5Règlement en vertu de la Loi sur l’heure légale annoncé le 13 octobre 2026 [15] [17]Kenora : 1 h 18 d’avance
Reste de l’OntarioOuiUTC−5, UTC−4 en étéLoi de 2020 sur l’heure avancée permanente adoptée, mais pas en vigueur; attend le Québec et New York [16] [15]Toronto : 18 min d’avance
QuébecOui, sauf la Basse-Côte-Nord (heure de l’Atlantique toute l’année)UTC−5, UTC−4 en étéAucun projet de loi; consultation faite en 2024 [19] [18]Montréal : 6 min de retard
Nouveau-Brunswick, Nouvelle-Écosse, Î.-P.-É.OuiUTC−4, UTC−3 en étéLes premiers ministres veulent agir ensemble, le cas échéant; l’Î.-P.-É. prévoit un sondage [25] [26] [27]Halifax : 14 min d’avance
Terre-Neuve-et-LabradorOuiUTC−3 h 30 sur l’île, UTC−2 h 30 en étéAucun changement annoncé [29]St. John’s : environ à l’heure solaire
NunavutOui (sauf l’île Southampton); examen en coursTrois fuseauxLe ministère de la Justice évalue; « pourrait prendre plusieurs mois » [28] [29]Varie selon la région

Notre méthode : l’écart entre l’horloge et le soleil est la différence moyenne entre le méridien du fuseau et la longitude de la ville, sans tenir compte de l’équation du temps (une variation saisonnière pouvant atteindre environ 16 minutes). Les heures de lever et de coucher du soleil de cet article ont été calculées avec l’algorithme solaire de la NOAA (bibliothèque python astral) pour le 21 décembre 2026 et le 21 juin 2027; elles concordent à la minute près avec les tables publiées, comme le lever de 9 h 37 à Calgary au solstice.

Deux conséquences passent facilement inaperçues. D’abord, du 1er novembre 2026 au 14 mars 2027, Winnipeg et Montréal affichent la même heure : l’UTC−5 permanent du Manitoba équivaut à l’heure normale de l’Est. Calgary aura une heure de retard sur Montréal au lieu de deux, et Vancouver deux heures au lieu de trois. L’été, les anciens écarts reviennent. Ensuite, Lloydminster, à cheval sur la frontière entre l’Alberta et la Saskatchewan, qui suivait les changements d’heure albertains, n’a plus à choisir : l’Alberta s’aligne désormais sur la Saskatchewan toute l’année [10].

Une invention canadienne que le Canada démantèle

L’heure avancée est née au Canada. Le 1er juillet 1908, Port Arthur, en Ontario, aujourd’hui intégrée à Thunder Bay, a avancé ses horloges d’une heure pour l’été, des années avant que l’Allemagne n’en fasse une politique nationale en 1916 [30] [31]. L’idée s’est répandue pendant la Première Guerre mondiale pour économiser le combustible, et le Canada l’a adoptée à l’échelle nationale en 1918 avant de renvoyer la question aux provinces [31].

La Saskatchewan est l’exception de longue date au pays, et son histoire montre à quel point l’heure peut devenir compliquée. Avant 1966, villes et villages choisissaient leur heure par plébiscite, ce qui donnait une mosaïque d’heure du Centre, des Rocheuses et d’heure avancée. Un plébiscite provincial de 1956 a divisé les électeurs urbains (heure du Centre) et ruraux (heure des Rocheuses), et les électeurs étaient partagés à parts égales sur l’heure avancée. Un compromis adopté en 1958 s’est effondré quand des dizaines de municipalités ont refusé de changer. La Time Act de 1966 a tranché : heure normale du Centre toute l’année [12]. Comme la Saskatchewan se trouve géographiquement dans le fuseau des Rocheuses, ce choix équivaut à vivre à l’heure avancée en permanence, un point sur lequel nous reviendrons [11].

La vague actuelle a commencé au Yukon en 2020, après que 93 % de 4 800 répondants eurent demandé la fin du changement [1]. La Colombie-Britannique a adopté une loi habilitante en 2019 à la suite de 223 273 réponses à un sondage, dont 93 % favorables à l’heure avancée à l’année, mais elle a attendu l’État de Washington, l’Oregon et la Californie. En mars 2026, elle a cessé d’attendre [4] [3]. L’Alberta a suivi en avril 2026, même si les Albertains avaient rejeté de justesse l’heure avancée à l’année lors d’un référendum en 2021, à 50,2 % contre 49,8 % [7] [8]. Les Territoires du Nord-Ouest ont bougé avec l’Alberta, leur principal partenaire économique et en santé [9]. Le Manitoba a annoncé sa décision le 17 septembre 2026, après que 92 % de près de 72 000 votes eurent réclamé la fin du changement [13], et l’Ontario a annoncé quatre semaines plus tard que son nord-ouest suivrait le Manitoba [15].

Ce que le changement lui-même fait au corps

Le réquisitoire contre le changement d’heure vise la transition elle-même, surtout celle du printemps. Avancer l’heure équivaut à voler vers l’est d’un fuseau horaire en une nuit, le réveil du lundi sonnant une heure plus tôt par rapport au soleil. L’horloge biologique ne suit pas simplement. Dans une enquête auprès de 55 000 personnes et une étude de suivi autour de chaque transition, Kantermann et ses collègues ont constaté que l’heure du sommeil suit la progression saisonnière de l’aube à l’heure normale, mais pas à l’heure avancée; l’activité s’est réajustée après le changement d’automne, mais pas après celui du printemps, surtout chez les chronotypes tardifs (les « oiseaux de nuit ») [44].

Les méfaits mesurables découlent de ce sommeil perdu. Le lundi suivant le changement du printemps, les travailleurs américains ont dormi environ 40 minutes de moins, et les blessures dans les mines ont augmenté de 5,7 %, avec 67,6 % plus de jours de travail perdus; rien de comparable après le changement d’automne [45]. Sur 732 835 accidents mortels aux États-Unis de 1996 à 2017, la transition du printemps a accru de 6 % le risque d’accident mortel pendant la semaine de travail suivante, davantage le matin et à l’extrémité ouest des fuseaux [47]. Une étude économique antérieure évaluait le bilan à plus de 30 décès par année aux États-Unis [48]. Le Canada a ses propres données : à partir de tous les accidents de la route déclarés par les provinces en 1991 et 1992 (sauf la Saskatchewan, qui ne change pas d’heure), Coren a observé davantage d’accidents le lundi suivant le changement du printemps et moins après celui de l’automne [46]. Les données de Manitoba Public Insurance montrent une hausse de 20 % des collisions le lundi suivant le changement du printemps par rapport aux autres lundis [14].

Le cœur et le cerveau suivent le même schéma, à plus petite échelle. Une méta-analyse de sept études portant sur plus de 115 000 personnes a trouvé un risque d’infarctus 5 % plus élevé la semaine suivant le changement du printemps (rapport de cotes de 1,05) et aucune hausse significative après celui de l’automne [49]. Une étude nationale finlandaise a observé 8 % plus d’hospitalisations pour accident vasculaire cérébral ischémique dans les deux jours suivant une transition, un écart qui s’estompait sur la semaine complète [50]. Sur des centaines de diagnostics dans les dossiers de santé américains et suédois, le changement du printemps était associé à de légères hausses des maladies cardiovasculaires, des blessures et des troubles mentaux et comportementaux, de quelques pour cent dans la plupart des cas et de près de 10 % dans certains [53].

C’est sur l’humeur que les données sont vraiment partagées. Une étude danoise de registres portant sur 185 419 contacts hospitaliers a trouvé une hausse de 11 % des épisodes dépressifs après le changement d’automne, pendant une dizaine de semaines, et rien après celui du printemps [51]. Une étude anglaise de 2025 a trouvé l’inverse après le changement d’automne : légèrement moins de cas de dépression et d’anxiété enregistrés [52]. Les analystes du ministère de la Santé du Manitoba ont noté que la géographie pourrait expliquer l’écart : plus le soleil se lève tôt, plus le changement d’automne éclaire les matins [14]. Leurs propres données hospitalières étaient d’ailleurs bruitées : il y avait plus d’hospitalisations pour infarctus le lundi suivant le changement d’automne que celui du printemps, et le ministère prévenait que les nombres sont petits et non testés statistiquement [14].

Le constat sur la transition est constant d’une revue à l’autre : le changement du printemps comporte des risques faibles et brefs, mais réels, et celui de l’automne en comporte peu. Une revue systématique de 2026, qui cherchait les bienfaits autant que les méfaits, a confirmé le signal d’infarctus au printemps dans plusieurs études de qualité, tout en relevant des bienfaits possibles de l’heure avancée l’été, comme une mortalité toutes causes confondues plus faible [43]. Abolir le changement élimine le pic du printemps. Cette partie de la décision de l’Ouest est bien appuyée.

La vraie question : quelle heure garder?

Une fois la transition abolie, le choix se fait entre deux horloges permanentes, et ce choix vaut toute l’année, chaque année. L’« heure avancée » ne crée pas de lumière : elle déplace une heure de lumière du matin vers le soir [40]. L’heure normale permanente garde des matins d’hiver plus clairs et des soirs plus sombres. L’heure avancée permanente fait l’inverse, ce qui, l’hiver au Canada, signifie des levers de soleil après 9 h dans une grande partie de l’Ouest.

La défense de l’heure normale repose sur la façon dont l’horloge biologique se règle. La lumière du matin est le signal le plus fort qui garde l’horloge interne alignée sur la journée; la lumière du soir la repousse. Quand l’horloge murale devance le soleil, on se couche plus tard selon sa biologie, mais on se lève à la même heure sociale, ce qui crée un écart chronique que les chercheurs appellent le « décalage horaire social » [42]. Les meilleures expériences naturelles viennent des limites de fuseaux. Les gens du côté où le soleil se couche plus tard aux frontières des fuseaux américains dorment environ 19 minutes de moins pour chaque heure supplémentaire de lumière le soir, et présentent des taux plus élevés d’obésité, de diabète, de maladies cardiovasculaires et de certains cancers, ainsi qu’un revenu par habitant plus faible [54]. L’incidence du cancer augmente d’est en ouest à l’intérieur des fuseaux américains, pour l’ensemble des cancers et pour plusieurs cancers précis [55]. Une étude de modélisation de 2025 estime que l’heure normale permanente réduirait davantage l’obésité et les AVC que l’heure avancée permanente, qui procurerait environ les deux tiers du bienfait, les deux options battant le changement actuel [56].

C’est pourquoi les organismes scientifiques parlent d’une seule voix. La Société canadienne du sommeil recommande d’abandonner l’heure avancée au profit du « rétablissement de l’heure normale permanente », en soulignant que la latitude nordique du Canada amplifie l’effet de l’horloge sur la lumière hivernale [38] [39]. La Society for Research on Biological Rhythms et l’American Academy of Sleep Medicine adoptent la même position [42] [41]. Le 5 octobre 2026, une analyse publiée dans le JAMC concluait que le choix de l’heure normale permanente est appuyé par l’ensemble des données, et que toute administration qui adopte l’heure avancée permanente devrait prévoir des mesures d’atténuation, protéger les groupes les plus touchés et surveiller la santé de la population [40]. Quand la Colombie-Britannique a cité les travaux du chercheur de Stanford Jamie Zeitzer dans son annonce, il a qualifié la décision de « scientifiquement pas une bonne idée »; la chercheuse en sommeil de l’Université Simon Fraser Myriam Juda estime que la plupart des Britanno-Colombiens perdraient un peu moins d’une demi-heure de sommeil par nuit [57].

L’autre colonne du bilan est réelle, et une analyse honnête doit la peser. La lumière du soir change les comportements. Quand l’heure avancée commence aux États-Unis, les vols qualifiés baissent de 7 %, et de 27 % dans l’heure qui suit l’ancien coucher du soleil [58]. Dans les données de 23 000 enfants de neuf pays, une heure de clarté de plus le soir était associée à une hausse faible, mais constante, de l’activité physique en Europe et en Australie [59]. Les économies d’énergie, la justification historique, sont faibles et ambiguës : l’heure avancée a augmenté d’environ 1 % la consommation d’électricité résidentielle en Indiana, mais a réduit la demande d’environ 1,5 % en Ontario [60] [61]. Le ministère de la Santé du Manitoba s’est appuyé sur ces bienfaits pour conclure que le choix est « d’abord un compromis sur le moment où la lumière se produit plutôt que sur la quantité disponible » [14].

Une énigme canadienne mérite une lecture attentive. Les analystes du Manitoba ont souligné que la Saskatchewan, « à l’heure normale permanente depuis 1966 », affiche l’un des taux d’obésité les plus élevés au pays, et ont suggéré que l’heure normale seule ne suffit peut-être pas à améliorer la santé [14]. Mais, selon le soleil, la Saskatchewan n’est pas à l’heure normale. Elle se trouve dans le fuseau des Rocheuses et garde l’heure du Centre : ses horloges devancent le soleil d’environ une heure toute l’année, comme l’heure avancée permanente [11]. Il vaut mieux voir la Saskatchewan comme une expérience de 60 ans d’heure avancée permanente sans transition. Cette expérience ne peut pas, à elle seule, trancher le débat entre heure normale et heure avancée, car l’obésité a de nombreuses causes, mais elle ne devrait pas être citée comme preuve contre l’heure normale.

Pourquoi les gouvernements choisissent ce que les scientifiques déconseillent

Chaque gouvernement de l’Ouest qui a aboli le changement a choisi l’heure avancée, et les sondages expliquent pourquoi. En Colombie-Britannique, 93 % des répondants au sondage de 2019 préféraient l’heure avancée à l’année [4]. Dans la consultation québécoise de 2024, 72 % de ceux qui voulaient en finir préféraient l’heure d’été [18]; un sondage Léger donnait 57 % pour l’heure d’été permanente contre 18 % pour l’heure d’hiver permanente [24]. Au Manitoba, 58 % préféraient l’heure avancée et 34 % l’heure normale [13]. On se souvient des longues soirées de juillet; peu de gens ont vécu un mois de décembre avec des levers de soleil à 9 h 30.

La coordination compte autant que la préférence. Les responsables albertains ont expliqué que l’heure avancée alignerait la province sur la Saskatchewan, alors que l’heure normale l’aurait alignée sur la Colombie-Britannique [8]. Les Territoires du Nord-Ouest ont suivi l’Alberta, le Manitoba a invoqué le commerce interprovincial, et le nord-ouest de l’Ontario a suivi le Manitoba [9] [13] [15]. Chaque décision a facilité la suivante. Aux États-Unis, la Chambre des représentants a adopté un projet de loi sur l’heure avancée permanente par 308 voix contre 117 le 14 juillet 2026, mais le chef de la majorité au Sénat a déclaré le 6 octobre qu’il n’y avait « aucune voie claire » [36] [37].

L’histoire suggère que le vrai test arrive au premier hiver sombre. Les États-Unis ont essayé l’heure avancée à l’année en janvier 1974; après que des parents se furent inquiétés de voir les enfants partir à l’école avant l’aube, le Congrès a voté pour l’annuler dans l’année, par 383 voix contre 16 à la Chambre [32]. La Russie est passée à l’heure d’été permanente en 2011 et a fait marche arrière en 2014, invoquant le stress, des plaintes de santé et davantage d’accidents de la route le matin [33]. Le Mexique a fait l’inverse en 2022 : il a aboli l’heure avancée et gardé l’heure normale, en affirmant que les économies d’énergie avaient été inférieures à 1 % alors que les coûts pour la santé étaient réels [34]. Le Parlement européen a voté la fin du changement en 2019, mais les États membres ne se sont jamais entendus sur l’heure à conserver, et rien n’a changé depuis [35]. Le Yukon est le contre-exemple le plus encourageant : il garde l’heure avancée permanente depuis 2020 sans revenir en arrière [1].

Le test du lever de soleil : à quoi ressemblera l’hiver, ville par ville

La politique de l’heure reste abstraite tant qu’on ne regarde pas un matin de décembre. Le tableau donne le lever, le coucher et la durée du jour le 21 décembre 2026 selon les règles en vigueur dès le 1er novembre 2026, ainsi que le lever et le coucher le 21 juin 2027. La latitude fixe la quantité de lumière; l’horloge décide quand on la voit.

Lever et coucher du soleil par ville, solstices d’hiver et d’été (heure locale, notre calcul)
VilleChange d’heure?Lever 21 déc.Coucher 21 déc.Clarté 21 déc.Lever / coucher 21 juin
VancouverNon9 h 0517 h 158 h 105 h 07 / 21 h 21
WhitehorseNon11 h 1016 h 465 h 364 h 27 / 23 h 35
CalgaryNon9 h 3717 h 317 h 545 h 21 / 21 h 54
EdmontonNon9 h 4817 h 157 h 275 h 04 / 22 h 06
YellowknifeNon11 h 0716 h 034 h 563 h 40 / 23 h 38
SaskatoonNon9 h 1316 h 567 h 434 h 46 / 21 h 30
ReginaNon8 h 5616 h 568 h 004 h 47 / 21 h 13
WinnipegNon9 h 2417 h 298 h 055 h 20 / 21 h 40
TorontoOui7 h 4816 h 438 h 555 h 36 / 21 h 02
MontréalOui7 h 3116 h 138 h 425 h 05 / 20 h 46
QuébecOui7 h 2715 h 588 h 314 h 50 / 20 h 42
HalifaxOui7 h 4816 h 368 h 485 h 29 / 21 h 02
St. John’sOui7 h 4616 h 118 h 255 h 03 / 21 h 01

Trois constats ressortent. Selon le soleil, Montréal est en hiver l’une des grandes villes les mieux alignées du pays : son horloge retarde de quelques minutes sur l’heure solaire, d’où le lever de 7 h 31. Edmonton et Calgary seront environ une heure et demie en avance, et Whitehorse deux heures. Et parmi les endroits qui ne changent plus d’heure, Regina est le plus proche du soleil, avec un écart d’environ une heure, le même qu’à Montréal en juillet. Si le Québec adoptait l’heure avancée permanente, comme le souhaitait la majorité des répondants à la consultation, le lever du soleil au solstice d’hiver à Montréal passerait à environ 8 h 31 et le coucher à 17 h 13.

Où en est le Québec

Le Québec en est, comme le résumait CBC le 15 octobre 2026, là où il était il y a deux ans : il y réfléchit [21]. La province a tenu une consultation en ligne du 22 octobre au 1er décembre 2024. Les résultats publiés en mars 2025 montraient que 91 % des 214 000 répondants voulaient cesser de changer d’heure et que, parmi eux, 72 % préféraient garder l’heure d’été. Le gouvernement a ensuite affirmé que le contexte économique avait changé et que d’autres consultations étaient nécessaires, en invoquant l’avis des experts et l’arrimage avec les États voisins [18].

Le paysage politique a changé depuis. Le Parti Québécois a remporté un gouvernement minoritaire le 5 octobre 2026 [22]. Pendant la campagne, Paul St-Pierre Plamondon a déclaré que son parti était « plutôt pour » l’abolition, mais qu’il consulterait d’abord des experts, et le parti a mis en doute la fiabilité d’un sondage en ligne auquel on pouvait répondre autant de fois qu’on le voulait [20]. La principale contrainte du Québec est celle que l’Ontario a inscrite dans sa loi de 2020 : l’Ontario ne mettra l’heure avancée permanente en vigueur qu’avec le Québec et l’État de New York, parce que le commerce, les marchés financiers et la radiodiffusion fonctionnent sur une heure de l’Est commune [16] [15]. Le Devoir voit dans une décision américaine la clé possible d’une décision québécoise [23].

Certaines parties du Québec vivent déjà sans changement d’heure. Tout ce qui est à l’est du 63e méridien, la Basse-Côte-Nord, dont Blanc-Sablon, garde l’heure normale de l’Atlantique toute l’année, tandis que les Îles-de-la-Madeleine et Listuguj suivent l’heure de l’Atlantique avec le changement saisonnier [19]. Pour la plupart des Québécois, les scénarios réalistes sont : le statu quo pour au moins une autre année, un passage coordonné de l’Est à l’heure avancée permanente si les États-Unis agissent ou, moins probable vu l’opinion publique, l’heure normale permanente sur l’avis des experts du sommeil. Notre lecture : un nouveau gouvernement qui a promis de consulter des experts entendra la même recommandation que celle publiée ce mois-ci dans le JAMC, et fera face à une population qui veut le contraire.

Bilan des preuves : quelle est la solidité de chaque affirmation?

Les cotes de solidité sont notre propre jugement, fondé sur le devis des études (les expériences naturelles ou randomisées valent plus que les comparaisons transversales), la reproduction dans plusieurs pays et la taille de l’effet.

Ce que la recherche appuie, et avec quelle fermeté
AffirmationDonnées clésSolidité
Le changement du printemps coûte du sommeil et n’est pas pleinement absorbéEnviron 40 min de sommeil en moins le lundi suivant; l’horloge biologique ne s’adapte pas au changement du printemps [45] [44]Solide
Le changement du printemps accroît le risque d’accidents et de blessures pendant quelques jours+6 % d’accidents mortels pendant une semaine aux États-Unis; les données canadiennes et manitobaines vont dans le même sens [47] [46] [14]Solide
Le changement du printemps accroît brièvement le risque d’infarctusRapport de cotes de 1,05 la semaine suivante (méta-analyse); confirmé par une revue de 2026 [49] [43]Modérée à solide
Les transitions accroissent brièvement le risque d’AVC+8 % les deux premiers jours en Finlande, non significatif sur la semaine [50]Modérée
Le changement d’automne influence la dépression+11 % au Danemark, légère baisse en Angleterre [51] [52]Partagée
Une horloge très en avance sur le soleil nuit au sommeil et à la santé à long termeÉtudes aux limites de fuseaux, gradients de cancer, modélisation [54] [55] [56]Modérée (observationnelle et modélisée)
La lumière du soir réduit la criminalité et augmente l’activité des enfants−7 % de vols qualifiés; faibles gains d’activité [58] [59]Modérée, effets faibles
L’heure avancée économise l’énergie+1 % en Indiana, −1,5 % en Ontario [60] [61]Faible, incohérente

Faut-il déménager dans une province qui ne change pas d’heure?

Dès le 1er novembre 2026, un Québécois qui veut cesser de changer d’heure a une longue liste d’options : le Manitoba, la Saskatchewan, l’Alberta, la Colombie-Britannique, le Yukon, les Territoires du Nord-Ouest et une partie du nord-ouest de l’Ontario. La réponse honnête à la question « devrais-je déménager pour ça? » dépend de ce que vous voulez fuir exactement. Voici la grille que nous utiliserions.

  • Distinguez la transition de l’horloge. Si ce qui vous dérange, c’est la perturbation deux fois par année (la routine des enfants, une semaine de fatigue), toutes les provinces de l’Ouest règlent le problème. Si ce sont les fins d’après-midi sombres en hiver, l’Ouest aide aussi. Si ce sont les matins sombres en hiver, l’Ouest aggrave la situation : le lever de 7 h 31 au solstice à Montréal devient 9 h 24 à Winnipeg et 9 h 48 à Edmonton.
  • Connaissez votre chronotype. Les chronotypes tardifs et les adolescents sont les plus touchés par une horloge en avance sur le soleil; le changement du printemps les frappe aussi le plus durement [44] [57]. Les lève-tôt qui sortent tôt peuvent compenser une partie de l’effet par l’exposition à la lumière.
  • Regardez vos heures de travail. Les quarts de travail matinaux en construction, en santé ou en transport signifient des trajets dans le noir à l’heure avancée permanente. Un emploi de bureau de 9 h à 17 h gagne un retour à la maison à la clarté.
  • La latitude l’emporte sur l’horloge. Edmonton a 7 h 27 de clarté le 21 décembre, Montréal 8 h 42. Aucune politique horaire n’y change rien.
  • Si l’objectif est « aucun changement » et que vous voulez l’horloge la plus proche du soleil, Regina est la meilleure option parmi les villes de l’Ouest (environ une heure d’avance sur l’heure solaire), et le régime de la Saskatchewan est stable depuis 60 ans [12].
  • Attendez-vous à ce que la carte continue de bouger. Le Québec, l’Ontario et les provinces de l’Atlantique pourraient tous abolir le changement d’ici quelques années, plus probablement vers l’heure avancée permanente si les États-Unis agissent [16] [25] [26] [23]. Déménager uniquement pour fuir le changement d’heure pourrait vouloir dire payer un déménagement d’un bout à l’autre du pays que le Québec rendrait inutile plus tard.

Notre conclusion : l’heure est un critère légitime pour départager deux options, pas une raison suffisante à elle seule. Ceux qui quittent le Québec pour une autre province le font surtout pour l’emploi, le logement et la famille, comme le montre notre analyse de 55 ans de migration interprovinciale au Québec. Si vous hésitiez déjà entre Winnipeg, Regina, Calgary ou Vancouver et rester sur place, la fin du changement d’heure est un avantage modeste, mais réel, et des matins d’hiver plus sombres sont un inconvénient modeste, mais réel. Pesez les deux.

Ce que coûte un déménagement de Montréal vers une province sans changement d’heure

Si vous décidez de partir, les questions pratiques sont la distance, le temps sur la route et le prix. Les chiffres ci-dessous sont les totaux de notre propre calculateur de trajets publié, pour un camion dédié avec la même équipe de deux déménageurs de porte à porte, aux prix du diesel d’octobre 2026. Chaque page de trajet présente le calcul complet.

De Montréal vers les principales villes qui ne changent plus d’heure (camion dédié, octobre 2026)
DestinationDistance par la routeJours sur la route (aller-retour)Total estimé
Winnipeg2 287 km6environ 7 560 $
Regina2 891 km8environ 9 800 $
Saskatoon3 148 km8environ 10 230 $
Calgary3 649 km10environ 12 360 $
Edmonton3 670 km10environ 12 340 $
Kelowna4 255 km11environ 14 460 $
Vancouver4 624 km12environ 15 740 $

Deux remarques pratiques pour un déménagement vers l’Ouest en hiver. Les journées courtes et tardives changent la logistique : le 21 décembre à Edmonton, une équipe qui commence à décharger à 8 h travaille près de deux heures avant le lever du soleil; prévoyez l’éclairage et les marches glacées. Et si vous déménagez pour un nouvel emploi, une partie des frais peut être déductible : voyez notre guide sur les frais de déménagement déductibles d’impôt. Parcourez tous les trajets dans notre guide du prix d’un déménagement au Canada, voyez comment fonctionne notre service de déménagement longue distance ou demandez une soumission écrite.

Questions fréquentes

Quelles provinces ne changeront pas d’heure le 1er novembre 2026?

La Colombie-Britannique, l’Alberta, la Saskatchewan, le Manitoba, le Yukon, les Territoires du Nord-Ouest et le nord-ouest de l’Ontario à l’ouest du 90e méridien (dont Kenora) ne reculeront pas l’heure. La Saskatchewan ne change plus depuis 1966 et le Yukon depuis 2020. Le reste de l’Ontario, le Québec, les provinces de l’Atlantique et la majeure partie du Nunavut reculeront d’une heure comme d’habitude.

Le Québec va-t-il abolir le changement d’heure?

Pas encore. Le Québec reculera l’heure le 1er novembre 2026 et l’avancera le 14 mars 2027. Une consultation de 2024 a montré que 91 % des 214 000 répondants voulaient en finir, mais aucun projet de loi n’a été déposé. Le nouveau gouvernement péquiste dit pencher pour l’abolition après avoir consulté des experts, et la coordination avec l’Ontario et l’État de New York reste une contrainte importante.

L’heure avancée permanente est-elle meilleure pour la santé que le changement d’heure?

Abolir le changement élimine une hausse bien documentée, au printemps, du manque de sommeil, des accidents et des infarctus; c’est donc probablement mieux que le statu quo. Mais les sociétés du sommeil, dont la Société canadienne du sommeil, et une analyse du JAMC de 2026 jugent l’heure normale permanente plus saine que l’heure avancée permanente, parce que la lumière du matin garde l’horloge biologique alignée. Une modélisation suggère que l’heure avancée permanente procure environ les deux tiers du bienfait de l’heure normale.

Pourquoi la Saskatchewan ne change-t-elle pas d’heure?

Avant 1966, les municipalités de la Saskatchewan choisissaient leur heure, ce qui créait une mosaïque qu’un compromis de 1958 n’a pas réglée. La Time Act de 1966 a placé la majeure partie de la province à l’heure normale du Centre toute l’année. Comme la Saskatchewan se trouve géographiquement dans le fuseau des Rocheuses, cela équivaut à l’heure avancée permanente. Depuis novembre 2026, l’Alberta a la même heure toute l’année.

Quel est le décalage entre Montréal et Winnipeg, Calgary ou Vancouver cet hiver?

Du 1er novembre 2026 au 14 mars 2027, Winnipeg a la même heure que Montréal, Calgary et Regina ont une heure de retard, et Vancouver et Whitehorse deux heures. Quand le Québec avancera l’heure en mars, les écarts redeviendront d’une heure pour Winnipeg, de deux pour Calgary et Regina, et de trois pour Vancouver.

Vaut-il la peine de déménager dans une province sans changement d’heure?

Seulement comme critère pour départager. Vous évitez deux semaines perturbées par année, mais acceptez des levers de soleil plus tardifs en hiver, vers 9 h 24 à Winnipeg et 9 h 48 à Edmonton le 21 décembre. L’emploi, le logement, la langue et la famille comptent généralement beaucoup plus. Le Québec pourrait aussi abolir le changement d’ici quelques années. Un déménagement de Montréal à Winnipeg coûte environ 7 560 $ en camion dédié, et environ 12 360 $ vers Calgary.

Quand aura lieu le prochain changement d’heure au Québec et en Ontario?

On recule l’heure à 2 h le dimanche 1er novembre 2026, et on l’avance à 2 h le dimanche 14 mars 2027, le deuxième dimanche de mars. Ces dates s’appliquent au Québec (sauf la Basse-Côte-Nord), à l’Ontario à l’est du 90e méridien, aux provinces de l’Atlantique, à Terre-Neuve-et-Labrador et à la majeure partie du Nunavut.

Cet article résume des recherches publiques et des sources gouvernementales à jour au 15 octobre 2026, à titre informatif. Il ne constitue pas un avis médical. Les politiques horaires changent rapidement; consultez le site officiel de votre province avant de planifier autour d’une date précise. Les prix des trajets sont des estimations tirées de notre modèle publié et dépendent du volume, de l’accès et du prix du carburant.

Sources

Chaque chiffre, date et citation de cet article provient de ces sources, consultées le 15 octobre 2026. Les heures de lever du soleil et les écarts entre l’horloge et le soleil sont nos propres calculs (méthode dans la section sur la carte); les cotes de solidité sont notre jugement.

  1. Le Yukon restera à l’heure permanente (UTC−7) (2020) — Government of Yukon
  2. Le nouveau fuseau horaire de la C.-B. (heure du Pacifique) — Province of British Columbia
  3. B.C. adopting permanent daylight saving time (Mar 2, 2026) — BC Gov News
  4. B.C. introduces legislation after 93% support year-round DST (2019; 223,273 surveys) — BC Gov News
  5. Le nouveau système horaire de l’Alberta (ABT) — Government of Alberta
  6. Bill 31, Red Tape Reduction Statutes Amendment Act, 2026: status (royal assent May 14, 2026) — Legislative Assembly of Alberta
  7. Référendum sur l’heure avancée du 18 octobre 2021 : résultats — Elections Alberta
  8. Cabinet minister tables bill to eliminate clock changes (Apr 24, 2026) — CBC News
  9. Les Territoires du Nord-Ouest mettent fin au changement d’heure (23 sept. 2026) — Government of the Northwest Territories
  10. Saskatchewan replaces The Time Act, welcomes Alberta to Central Standard Time (Apr 30, 2026) — Government of Saskatchewan
  11. Le système horaire de la Saskatchewan — Government of Saskatchewan
  12. The Saskatchewan time system: history (1890–1966) — Saskatchewan Ministry of Municipal Affairs (University of Saskatchewan Library)
  13. Le Manitoba passera à l’heure avancée permanente (17 sept. 2026) — Government of Manitoba
  14. Health implications of time policy (fact sheet, 2026) — Manitoba Health, Seniors and Long-Term Care (via Winnipeg Free Press)
  15. Ontario moving to permanent daylight saving time in parts of northwestern Ontario (Oct 13, 2026) — Government of Ontario
  16. Loi de 2020 modifiant la Loi sur l’heure légale, L.O. 2020, chap. 28 — Government of Ontario (e-Laws)
  17. City welcomes Ontario’s decision to adopt permanent daylight saving time (Oct 13, 2026) — City of Kenora
  18. Une majorité de Québécois voudrait mettre fin au changement d’heure (8 mars 2025) — Gouvernement du Québec
  19. Vous êtes las du changement d’heure? Voici ce que proposent les partis politiques (21 sept. 2026) — Le Journal de Québec
  20. As other provinces move to abolish seasonal time change, where does Quebec stand? (Oct 15, 2026) — CBC News
  21. Quebec election: Parti Québécois will form minority government (Oct 5, 2026) — CBC News
  22. L’éventuelle abolition du changement d’heure aux États-Unis, la clé vers une décision québécoise? (15 juill. 2026) — Le Devoir
  23. Changement d’heure au Québec (sondage, sept. 2024, n=1 004) — Léger
  24. N.S. premier open to permanent daylight time if rest of Atlantic region agrees (Apr 2026) — CBC News
  25. P.E.I.’s premier wants to hear your thoughts on ending the time change (Sep 28, 2026) — CBC News
  26. ‘This is premature’: Holt weighs in on switch to daylight saving time (Apr 27, 2026) — Telegraph-Journal
  27. Nunavut’s Kitikmeot and Kivalliq regions aim to join neighbours not turning back clocks (Oct 7, 2026) — CBC News
  28. Fuseaux horaires et heure avancée — National Research Council Canada
  29. Going back in time to the start of daylight saving in Port Arthur, Fort William (2020) — CBC News
  30. L’heure avancée au Canada — The Canadian Encyclopedia
  31. Senate votes return to standard time for four months (Oct 1, 1974) — The New York Times
  32. Russia returns to permanent standard time (2014) — timeanddate.com
  33. Senate approves the Time Zones Law, ending daylight saving time (Oct 26, 2022) — Senado de la República (Mexico)
  34. Taking stock of the seasonal clock change (Oct 2025) — European Parliament
  35. H.R.139, Sunshine Protection Act of 2025 (passed House 308–117, Jul 14, 2026) — Congress.gov
  36. Thune sees no path for year-round daylight saving time (Oct 6, 2026) — The Hill
  37. Prise de position de la Société canadienne du sommeil sur l’heure avancée (2023) — Canadian Sleep Society
  38. The practice of daylight saving time in Canada: its suitability with respect to sleep and circadian rhythms — PubMed Central (NIH)
  39. Analysis of health impacts of permanent standard time or permanent daylight saving time to inform policy in Canada (Oct 5, 2026) — CMAJ (Canadian Medical Association Journal)
  40. Daylight saving time: an American Academy of Sleep Medicine position statement (2020) — Journal of Clinical Sleep Medicine
  41. Roenneberg et al., Why should we abolish daylight saving time? (2019) — Journal of Biological Rhythms (SRBR position paper)
  42. Steponenaite et al., Systematic review of epidemiological studies into daylight-saving time and health (2026) — European Journal of Epidemiology
  43. Kantermann et al., The human circadian clock’s seasonal adjustment is disrupted by daylight saving time (2007) — Current Biology
  44. Barnes & Wagner, Changing to daylight saving time cuts into sleep and increases workplace injuries (2009) — Journal of Applied Psychology
  45. Coren, Daylight savings time and traffic accidents (Canada, 1991–1992) (1996) — New England Journal of Medicine
  46. Fritz et al., A chronobiological evaluation of the acute effects of daylight saving time on traffic accident risk (2020) — Current Biology
  47. Smith, Spring forward at your own risk: daylight saving time and fatal vehicle crashes (2016) — American Economic Journal: Applied Economics
  48. Manfredini et al., Daylight saving time and acute myocardial infarction: a meta-analysis (2019) — Journal of Clinical Medicine
  49. Sipilä et al., Changes in ischemic stroke occurrence following daylight saving time transitions (2016) — Sleep Medicine
  50. Hansen et al., Daylight savings time transitions and the incidence rate of unipolar depressive episodes (2017) — Epidemiology
  51. de Lange et al., Acute effects of daylight saving time clock changes on mental and physical health in England (2025) — BMJ
  52. Zhang et al., Measurable health effects associated with the daylight saving time shift (2020) — PLOS Computational Biology
  53. Giuntella & Mazzonna, Sunset time and the economic effects of social jetlag (2019) — Journal of Health Economics
  54. Gu et al., Longitude position in a time zone and cancer risk in the United States (2017) — Cancer Epidemiology, Biomarkers & Prevention
  55. Weed et al., Circadian-informed modeling predicts regional variation in obesity and stroke under permanent U.S. time policies (2025) — PNAS
  56. ‘Scientifically not a good idea,’ says researcher whose work informed B.C.’s decision (Mar 5, 2026) — CBC News
  57. Doleac & Sanders, Under the cover of darkness: how ambient light influences criminal activity (2015) — Review of Economics and Statistics
  58. Goodman et al., Daylight saving time as a potential public health intervention: evening daylight and physical activity in 23,000 children (2014) — International Journal of Behavioral Nutrition and Physical Activity
  59. Kotchen & Grant, Does daylight saving time save energy? Evidence from a natural experiment in Indiana (2011) — Review of Economics and Statistics (NBER working paper)
  60. Rivers, Does daylight savings time save energy? Evidence from Ontario (2018) — Environmental and Resource Economics

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