Rapport de données
Les Québécois qui partent : 55 ans de migration interprovinciale, chiffres à l’appui (1971-2026)
La réponse courte
Le Québec a perdu des résidents au profit du reste du Canada chaque année depuis 1971 : 55 années négatives sur 55, un cas unique parmi les provinces. Le solde cumulé atteint −659 156 personnes, la plus forte perte absolue au pays. Mais rapportée à sa population, la perte est modeste (−0,74 pour 1 000 par année depuis 10 ans) et, depuis 2020, l’Ontario perd davantage. Le vrai trait distinctif du Québec : on y entre et on en sort très peu.
Les chiffres à retenir
- 55 sur 55 : nombre d’années (1971-1972 à 2025-2026) où le Québec a perdu plus de résidents qu’il n’en a gagné face aux autres provinces. Aucune autre province n’a ce bilan.
- −659 156 : solde cumulé depuis 1971 (1 986 535 départs, 1 327 379 arrivées).
- −46 429 : la pire année, 1977-1978, celle de l’adoption de la Charte de la langue française (loi 101).
- −7 084 : le solde de 2025-2026, soit −0,78 pour 1 000 habitants. L’Ontario a fait pire (−18 015, −1,11 pour 1 000).
- 2,8 pour 1 000 : le taux annuel d’arrivées d’autres provinces au Québec depuis 10 ans, le plus bas au Canada (Alberta : 14,7).
- 59 % : la part des départs du Québec qui vont en Ontario (2025-2026).
- 68 % : la part de la perte nette des 10 dernières années due aux 20 à 44 ans.
55 ans de soldes négatifs, sans exception
La migration interprovinciale, ce sont les personnes qui changent de province de résidence à l’intérieur du Canada. Statistique Canada la mesure chaque année, du 1er juillet au 30 juin, à partir surtout des adresses inscrites dans les déclarations de revenus et des dossiers de l’Allocation canadienne pour enfants [1]. Le solde est simple : les arrivées moins les départs.
Pour le Québec, ce solde a été négatif lors de chacune des 55 années publiées, de 1971-1972 à 2025-2026. Au total, 1 986 535 personnes sont parties vers une autre province ou un territoire et 1 327 379 sont arrivées, pour une perte nette de 659 156 personnes [1]. C’est l’équivalent d’environ 7 % de la population actuelle du Québec (9 067 114 habitants au 1er juillet 2026) [2]. Aucune autre province n’a 55 années négatives : même le Manitoba, qui perd presque toujours, a eu deux années positives (1982-1983 et 1983-1984).
La tendance de fond, elle, est à l’amélioration. Les années 1970 ont coûté au Québec 234 183 personnes. Les pertes ont été presque réduites de moitié dans les années 1980 et 1990 (environ −120 000 par décennie), puis sont tombées à −61 362 en 2001-2011, avant de remonter à −84 246 en 2011-2021. La dernière demi-décennie (2021-2026) totalise −38 754, soit en moyenne 7 751 départs nets par année, six fois moins que le sommet de 1977-1978.
| Période | Départs | Arrivées | Solde |
|---|---|---|---|
| 1971-1981 | 542 557 | 308 374 | −234 183 |
| 1981-1991 | 371 051 | 250 790 | −120 261 |
| 1991-2001 | 343 191 | 222 841 | −120 350 |
| 2001-2011 | 277 584 | 216 222 | −61 362 |
| 2011-2021 | 282 774 | 198 528 | −84 246 |
| 2021-2026 (5 ans) | 169 378 | 130 624 | −38 754 |
| Total 1971-2026 | 1 986 535 | 1 327 379 | −659 156 |
Comment le Québec se compare aux autres provinces
En chiffres absolus, le Québec est le grand perdant de l’histoire : −659 156 depuis 1971, devant le Manitoba (−289 183), la Saskatchewan (−269 131), l’Ontario (−143 228) et Terre-Neuve-et-Labrador (−121 636). Les deux grands gagnants sont l’Alberta (+735 188) et la Colombie-Britannique (+725 593) [1].
Mais le Québec est aussi la deuxième province la plus peuplée. Rapporté à la population, le portrait change : sur 55 ans, le Québec perd en moyenne 1,7 habitant pour 1 000 par année, beaucoup moins que la Saskatchewan (−4,7), le Manitoba (−4,5) ou Terre-Neuve-et-Labrador (−4,0). Sur les 10 dernières années, le Québec (−0,7) fait même mieux que l’Ontario (−0,9) [1] [2].
| Province | Solde cumulé 1971-2026 | Solde 2016-2026 | Départs /1 000 | Arrivées /1 000 |
|---|---|---|---|---|
| Québec | −659 156 | −64 082 | 3,5 | 2,8 |
| Ontario | −143 228 | −136 821 | 5,6 | 4,7 |
| Manitoba | −289 183 | −64 968 | 13,1 | 8,5 |
| Saskatchewan | −269 131 | −67 145 | 17,2 | 11,5 |
| Terre-Neuve-et-Labrador | −121 636 | −1 483 | 12,1 | 11,8 |
| Nouveau-Brunswick | −917 | +32 471 | 12,7 | 16,7 |
| Île-du-Prince-Édouard | +8 338 | +7 918 | 20,2 | 25,1 |
| Nouvelle-Écosse | +36 361 | +62 695 | 13,2 | 19,4 |
| Colombie-Britannique | +725 593 | +123 360 | 8,8 | 11,2 |
| Alberta | +735 188 | +108 813 | 12,5 | 14,7 |
Le changement le plus net des dernières années ne vient pas du Québec, mais de l’Ontario. Depuis 2020-2021, l’Ontario perd chaque année plus de monde que le Québec en chiffres absolus : −42 689 en 2023-2024, −29 713 en 2024-2025, −18 015 en 2025-2026. Sur ces six années, l’Ontario cumule −169 570, contre −41 698 pour le Québec. Pendant ce temps, l’Alberta gagne (+48 394 en 2023-2024) et les Maritimes, longtemps perdantes, attirent du monde : +62 695 en 10 ans pour la Nouvelle-Écosse, le meilleur taux au pays (+6,2 pour 1 000 par année) [1].
Le vrai trait distinctif : au Québec, on bouge très peu
Le tableau précédent cache le fait le plus important du dossier. Le Québec a le plus faible taux de départs au Canada (3,5 personnes sur 1 000 par année depuis 10 ans) et aussi le plus faible taux d’arrivées (2,8). En Alberta, ces taux sont de 12,5 et 14,7; en Saskatchewan, de 17,2 et 11,5. Autrement dit, un Albertain est environ trois fois et demie plus susceptible de quitter sa province qu’un Québécois [1] [2].
Le déficit du Québec ne vient donc pas d’une fuite massive. Il vient surtout de la rareté des arrivées : peu de Canadiens des autres provinces viennent s’installer au Québec. En 2025-2026, 24 806 personnes sont arrivées d’ailleurs au Canada, contre 68 526 en Ontario et 71 496 en Alberta, une province qui compte pourtant environ deux fois moins d’habitants. L’explication la plus courante est la langue, qui joue dans les deux sens : elle retient une majorité francophone qui trouverait difficilement un marché du travail en français ailleurs, et elle freine l’arrivée d’anglophones des autres provinces.
Ce lien entre langue et mobilité est documenté depuis longtemps par les démographes : pour 1976-1981, Marc Termote calculait que les anglophones du Québec émigraient vers le reste du Canada à un taux 23 fois plus élevé que les francophones [7].
Quatre époques : de l’exode des années 1970 au revirement ontarien
1. Les années 1970 : l’exode. Le Québec perdait déjà 21 637 personnes en 1971-1972. Les pertes bondissent après l’élection du Parti québécois en novembre 1976 et l’adoption de la loi 101 en août 1977 : −26 366 en 1976-1977, puis −46 429 en 1977-1978, le pire résultat jamais enregistré (70 374 départs, 23 945 arrivées, −7,2 pour 1 000). En avril 1978, le New York Times décrivait le départ du siège social de la Sun Life vers Toronto comme le symbole d’entreprises qui quittaient Montréal [9] [1]. Les données montrent une coïncidence dans le temps; elles ne permettent pas, à elles seules, d’attribuer chaque départ à une cause politique.
Ce n’était pas que les jeunes. Entre 1971 et 1981, toutes les tranches d’âge ont perdu, y compris les 65 ans et plus (−15 317), un signe de départs de ménages entiers [4].
2. 1981 à 2001 : des pertes plus faibles, mais tenaces. Les pertes restent fortes au début des années 1980 (−25 790 en 1981-1982), reculent jusqu’à −3 729 en 1986-1987, puis remontent dans les années 1990. L’année du deuxième référendum, 1995-1996, affiche −12 626, et les deux suivantes font pire (−17 436 en 1996-1997, −16 958 en 1997-1998). Chaque décennie coûte environ 120 000 personnes.
3. Les années 2000 : le quasi-équilibre, puis l’appel de l’Alberta. En 2003-2004, le Québec ne perd que 822 personnes, son meilleur résultat en 55 ans. Le boom pétrolier change ensuite la donne : en 2006-2007, 22,7 % des Québécois qui quittent la province vont en Alberta, contre 4,6 % en 1971-1972 [3]. Les pertes remontent à −12 865 cette année-là.
4. 2010 à aujourd’hui : un nouveau pic, puis le revirement. Les pertes remontent jusqu’à −16 142 en 2014-2015, puis tombent à −2 944 en 2020-2021, en pleine pandémie. Depuis, elles oscillent entre −6 500 et −10 300 par année. La nouveauté est ailleurs : l’Ontario perd désormais plus de monde que le Québec, et les provinces de l’Atlantique, longtemps des terres d’émigration, sont devenues des destinations.
La langue : la clé des années 1970, beaucoup moins aujourd’hui
Les estimations annuelles ne disent pas quelle langue parlent les migrants. Pour ça, il faut le recensement, qui demande où la personne habitait cinq ans plus tôt. Le tableau 15-10-0034-01 de Statistique Canada donne le solde du Québec par langue maternelle pour chaque période de recensement depuis 1971 (personnes de 5 ans et plus) [5].
| Période | Anglais | Français | Autres langues | Total |
|---|---|---|---|---|
| 1971-1976 | −50 070 | −3 900 | −5 460 | −59 800 |
| 1976-1981 | −106 320 | −18 110 | −17 290 | −141 725 |
| 1981-1986 | −41 605 | −12 945 | −8 750 | −63 300 |
| 1986-1991 | −22 195 | +5 225 | −8 580 | −25 550 |
| 1991-1996 | −24 545 | +1 230 | −14 130 | −37 440 |
| 1996-2001 | −29 265 | −8 880 | −19 170 | −57 310 |
| 2001-2006 | −7 970 | +4 995 | −8 675 | −11 650 |
| 2006-2011 | −5 930 | −2 590 | −12 725 | −21 245 |
| 2011-2016 | −11 005 | −9 940 | −16 015 | −36 955 |
| 2016-2021 | +2 288 | −335 | −8 398 | −6 445 |
Trois constats ressortent. D’abord, l’exode des années 1970 était surtout anglophone : en 1976-1981, les personnes de langue maternelle anglaise représentent 106 320 des 141 725 départs nets, soit 75 %, alors qu’elles formaient environ 13 % de la population. Leur solde équivaut à −142,7 pour 1 000 sur la période, contre −3,5 pour les francophones [5]. Un document de travail du réseau QUESCREN (Université Concordia) rappelle que la part de la population de langue maternelle anglaise est passée de 13,1 % en 1971 à 8,3 % en 2001, avant de remonter à 10,0 % en 2021 [8].
Ensuite, les francophones ont toujours peu bougé : leur solde varie entre −18 110 et +5 225 par période, et il a même été positif trois fois (1986-1991, 1991-1996, 2001-2006). Enfin, le dernier recensement marque un tournant : en 2016-2021, pour la première fois, le solde anglophone est positif (+2 288; 34 306 arrivées contre 32 018 départs). La perte restante vient surtout des personnes de langue maternelle autre que le français ou l’anglais (−8 398), souvent des immigrants qui repartent vers une autre province.
Ce dernier point évolue aussi. Selon l’Institut de la statistique du Québec, les immigrants admis récemment comme résidents permanents produisent maintenant des gains interprovinciaux pour le Québec, depuis la cohorte admise en 2020 [6].
Qui part : surtout de jeunes adultes, et leurs enfants
Sur les 10 dernières années (2016-2017 à 2025-2026), le Québec a perdu 64 082 personnes au jeu interprovincial. Les 20 à 44 ans en représentent 43 708, soit 68 %. Les deux tranches les plus touchées sont les 20 à 24 ans (−10 370) et les 25 à 29 ans (−10 631) : l’âge des études supérieures, du premier emploi et du premier déménagement loin de la famille [4].
Les enfants de 0 à 14 ans comptent pour 12 562 départs nets, environ 20 % du total : ce sont des familles qui partent, pas seulement des étudiants. À l’inverse, entre 55 et 69 ans, les arrivées et les départs s’équilibrent presque, et la perte des 65 ans et plus est faible (−1 770 en 10 ans). Les hommes partent un peu plus que les femmes (−34 460 contre −29 622) [4].
| Groupe d’âge | 1971-1981 | 2016-2026 | 2025-2026 |
|---|---|---|---|
| 18 à 24 ans | −46 368 | −10 506 | −1 347 |
| 25 à 44 ans | −73 385 | −33 338 | −3 591 |
| 45 à 64 ans | −33 870 | −5 023 | −634 |
| 65 ans et plus | −15 317 | −1 770 | −107 |
| Tous les âges | −234 183 | −64 082 | −7 084 |
Où vont-ils? L’Ontario d’abord, de loin
L’Ontario reçoit la majorité des Québécois qui partent depuis 55 ans : 64 % des départs entre 1971 et 2026, et 59 % en 2025-2026. L’échange avec l’Ontario explique à lui seul −446 334 personnes, soit 68 % de la perte totale du Québec depuis 1971. L’Alberta (−94 358) et la Colombie-Britannique (−82 688) suivent loin derrière [3]. Pour qui fait le trajet, Montréal-Toronto reste de loin le corridor le plus fréquent; nous avons détaillé le coût d’un déménagement Montréal-Toronto ailleurs.
| Province | Départs 2025-2026 | Arrivées 2025-2026 | Solde 2025-2026 | Solde 1971-2026 |
|---|---|---|---|---|
| Ontario | 18 802 | 15 127 | −3 675 | −446 334 |
| Alberta | 3 786 | 2 130 | −1 656 | −94 358 |
| Colombie-Britannique | 3 832 | 2 256 | −1 576 | −82 688 |
| Nouvelle-Écosse | 1 161 | 735 | −426 | −12 720 |
| Nouveau-Brunswick | 2 002 | 2 375 | +373 | −10 387 |
| Manitoba | 860 | 704 | −156 | −4 397 |
| Saskatchewan | 497 | 387 | −110 | −3 248 |
| Île-du-Prince-Édouard | 341 | 588 | +247 | −3 506 |
| Terre-Neuve-et-Labrador | 266 | 240 | −26 | +235 |
| Territoires (3) | 343 | 264 | −79 | −1 753 |
| Total | 31 890 | 24 806 | −7 084 | −659 156 |
La part de l’Ontario a peu varié en 55 ans (68,7 % des départs en 1971-1972, 59,0 % en 2025-2026). Le grand écart est venu de l’Alberta, qui a attiré jusqu’à 22,7 % des partants en 2006-2007 et 19,4 % en 1981-1982, deux périodes de boom pétrolier. Aujourd’hui, l’Alberta (11,9 %) et la Colombie-Britannique (12,0 %) font jeu égal [3]. Le Nouveau-Brunswick est la seule province avec laquelle le Québec gagne de façon notable : +373 en 2025-2026 selon Statistique Canada, et environ +900 pour l’année civile 2025 selon l’ISQ [6]. Pour les distances plus longues, voir le coût d’un déménagement Montréal-Calgary.
En perspective : la migration interprovinciale pèse peu face à l’immigration
Le solde interprovincial n’est qu’une des composantes de la croissance du Québec, et aujourd’hui la plus petite. Sur les 10 dernières années, le Québec a accueilli 506 704 immigrants permanents et gagné 411 300 résidents non permanents nets (travailleurs temporaires, étudiants étrangers, demandeurs d’asile), contre une perte interprovinciale de 64 082. L’accroissement naturel (naissances moins décès) n’a ajouté que 80 658 personnes [1].
| Année | Naissances moins décès | Immigrants | Résidents non permanents (net) | Interprovincial (net) |
|---|---|---|---|---|
| 2021-2022 | +9 100 | 62 805 | +35 314 | −6 529 |
| 2022-2023 | +307 | 64 475 | +103 547 | −10 333 |
| 2023-2024 | −1 249 | 55 455 | +123 838 | −6 750 |
| 2024-2025 | −2 434 | 57 641 | +28 791 | −8 058 |
| 2025-2026 | −1 150 | 53 428 | −21 794 | −7 084 |
Deux constats. D’abord, depuis 2023-2024, le Québec enregistre plus de décès que de naissances : sans migration, sa population baisserait. Ensuite, la forte baisse des résidents non permanents en 2025-2026 (−21 794) pèse trois fois plus que la perte interprovinciale. L’ISQ estime d’ailleurs que, pour l’année civile 2025, le solde migratoire total du Québec (international et interprovincial) est négatif, à −7 150 personnes, « pour une rare fois » [6].
Sur le long terme, la part du Québec dans la population canadienne est passée de 27,9 % en 1971 à 21,7 % en 2026 [2]. La migration interprovinciale y a contribué, mais elle n’est pas seule en cause : de 1971 à 2026, le Québec a reçu 16,3 % des immigrants arrivés au Canada et compté 21,5 % de l’accroissement naturel du pays, bien moins que son poids de départ [1]. Ce rapport ne mesure pas la contribution exacte de chaque facteur.
Où en est-on en 2026?
- Le Québec perd environ 7 000 à 8 000 résidents par année au profit des autres provinces : −8 058 en 2024-2025, −7 084 en 2025-2026 (24 806 arrivées, 31 890 départs) [1].
- C’est moins qu’au milieu des années 2010 (environ −14 000 selon l’ISQ) et beaucoup moins que dans les années 1970 [6].
- L’Ontario perd désormais davantage, en nombre comme en proportion (−1,11 pour 1 000 contre −0,78 pour le Québec en 2025-2026).
- Les jeunes adultes de 20 à 29 ans restent le groupe qui part le plus (−2 804 en 2025-2026) [4].
- Les données du recensement de 2026 diront si le solde anglophone positif de 2016-2021 se confirme.
Si vous faites partie de ces 31 890 départs, vous n’êtes pas seul : notre page sur les déménagements longue distance et les prix de déménagement vers les autres provinces donnent des chiffres concrets, et un déménagement pour un nouvel emploi peut être déductible d’impôt.
Méthodologie et notes sur les données
- Séries annuelles : tableaux complets de Statistique Canada 17-10-0008-01 (composantes), 17-10-0009-01 (population au 1er juillet), 17-10-0015-01 (âge et genre) et 17-10-0022-01 (origine et destination), téléchargés le 15 octobre 2026. Les années vont du 1er juillet au 30 juin; les deux dernières années sont des estimations provisoires, révisées par la suite [1] [2] [3] [4].
- Taux pour 1 000 : solde (ou départs, ou arrivées) de l’année divisé par la population de la province au 1er juillet du début de l’année, puis moyenne simple des années de la période. Calcul La Belle Gang.
- Langue : données du recensement (et de l’Enquête nationale auprès des ménages de 2011), migrants de 5 ans et plus, selon la province de résidence cinq ans avant. Ces chiffres ne s’additionnent pas aux séries annuelles : ils ignorent les enfants de moins de 5 ans, les décès en cours de période et les allers-retours [5].
- L’ISQ publie des chiffres par année civile (janvier à décembre), qui diffèrent de ceux de Statistique Canada (juillet à juin) et sont souvent révisés : −7 600 pour 2025 dans le Bilan démographique de mai 2026 [6]. Ce rapport utilise la série juillet-juin de Statistique Canada partout, sauf mention contraire.
- Les liens entre événements politiques et départs sont présentés comme des coïncidences dans le temps documentées par la presse et la recherche, pas comme des causes mesurées.
Citer ce rapport : La Belle Gang, « Les Québécois qui partent : 55 ans de migration interprovinciale, chiffres à l’appui (1971-2026) », labellegang.ca, 15 octobre 2026. Données de Statistique Canada; reproduction libre avec mention de la source.
Questions fréquentes
Combien de Québécois quittent le Québec chaque année pour une autre province?
En 2025-2026, 31 890 personnes ont quitté le Québec pour une autre province ou un territoire et 24 806 sont arrivées, pour un solde de −7 084. Les départs varient d’environ 24 000 à 37 000 par année depuis 2010.
Le Québec a-t-il déjà gagné des résidents face aux autres provinces?
Non, pas une seule année depuis le début de la série en 1971-1972. C’est la seule province dans ce cas. L’année la plus proche de l’équilibre est 2003-2004 (−822).
Où vont les Québécois qui quittent la province?
Surtout en Ontario : 59 % des départs en 2025-2026 et 64 % depuis 1971. Viennent ensuite la Colombie-Britannique (12,0 %) et l’Alberta (11,9 %), puis le Nouveau-Brunswick (6,3 %).
Le Québec perd-il plus de monde que l’Ontario?
Plus depuis 2020. De 2020-2021 à 2025-2026, l’Ontario a perdu 169 570 personnes au jeu interprovincial, contre 41 698 pour le Québec. En 2025-2026, le taux était de −1,11 pour 1 000 en Ontario et de −0,78 au Québec.
Quelle a été la pire année de départs du Québec?
1977-1978, avec 70 374 départs, 23 945 arrivées et un solde de −46 429, l’année suivant l’élection du Parti québécois et celle de l’adoption de la loi 101.
Les anglophones quittent-ils encore le Québec?
Beaucoup moins qu’avant. Au recensement de 2021, pour la période 2016-2021, le solde des personnes de langue maternelle anglaise est positif pour la première fois depuis 1971 : +2 288. En 1976-1981, il était de −106 320.
Quel âge ont les Québécois qui partent?
Surtout entre 20 et 44 ans, soit 68 % de la perte nette des 10 dernières années. Les 20 à 29 ans sont les plus nombreux à partir. Les enfants de 0 à 14 ans forment environ 20 % de la perte, signe que des familles partent aussi.
Pourquoi le Québec perd-il des résidents si sa population augmente?
Parce que l’immigration internationale compense largement. Depuis 10 ans, 506 704 immigrants permanents et 411 300 résidents non permanents nets se sont ajoutés, contre une perte interprovinciale de 64 082.
Rapport d’information fondé sur des données publiques. Les estimations récentes de Statistique Canada et de l’ISQ sont provisoires et peuvent être révisées. Les mentions d’événements politiques décrivent une chronologie, pas une prise de position.
Sources
Les chiffres viennent des tableaux complets de Statistique Canada (téléchargés le 15 octobre 2026), de l’ISQ et des travaux cités ci-dessous. Les taux et cumuls sont des calculs de La Belle Gang.
- Tableau 17-10-0008-01 : Estimations des composantes de l’accroissement démographique, annuelles — Statistique Canada
- Tableau 17-10-0009-01 : Estimations de la population, trimestrielles — Statistique Canada
- Tableau 17-10-0022-01 : Estimations des migrants interprovinciaux par province ou territoire d’origine et de destination, annuelles — Statistique Canada
- Tableau 17-10-0015-01 : Estimations des composantes de la migration interprovinciale, selon l’âge et le genre, annuelles — Statistique Canada
- Tableau 15-10-0034-01 : Migration interprovinciale selon la langue maternelle, migrants de 5 ans et plus, 1971 à 2021 — Statistique Canada
- Migrations internationales et interprovinciales : faits saillants du Bilan démographique du Québec, édition 2026 — Institut de la statistique du Québec
- Marc Termote, « Le comportement démographique des groupes linguistiques au Québec pendant la période 1976-1981 : une analyse multirégionale », Cahiers québécois de démographie, vol. 14, no 1, 1985 — Érudit
- Simon-Pierre Lacasse et Meghan Rulli, Understanding Youth Out-Migration Among English-Speaking Quebecers: A Literature Review, document de travail no 17, septembre 2026 (en anglais) — QUESCREN, Université Concordia
- « Quebec’s Language Law Puts Companies to Flight », 23 avril 1978 (en anglais) — The New York Times
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